CE QUE J'EN PENSE

Danielle Drouin

À quoi se prépare Québec solidaire?

Pour quiconque le moindrement perspicace, c’est un truisme de dire que QS se prépare à devenir plus fort que jamais, mû par un optimisme résolu de faire élire en 2018 un nombre de députés jamais espéré de toute son insipide existence et ce, grâce à sa nouvelle coqueluche. Un objectif bien légitime pour un parti politique, certes. Mais on est bien loin de l’urgence de se débarrasser de Philippe Couillard, « Sauveur » autoproclamé du Québec et chef de l’immensément toxique PLQ.

Entrevue à Rimouski avec Gabriel Nadeau-Dubois et un porte-parole de QS.

http://ici.radio-canada.ca/premiere/emissions/info-reveil/episodes/378928/audio-fil-du-jeudi-13-avril-2017/4

En résumé:

GND a rencontré une dizaine de candidats potentiels hautement qualifiés lors de sa tournée Faut qu’on se parle et tentera de les convaincre de se présenter aux prochaines élections. Faut qu’on se parle, on s’en doutait, ne se voulait pas qu’une jasette entre citoyens mais une préparation à la prochaine campagne électorale.

Pour mieux faire connaître QS dans les régions, GND expliquera aux électeurs son projet de développement économique régional car, et je cite: « Les anciens partis ne répondent pas aux besoins des régions ». On voit que QS ne se lasse pas de juger indifféremment le PQ et le PLQ, ignorant délibérément que le PQ est le parti des régions et que, comme par hasard, le programme de Jean-François Lisée est surtout axé sur la défense des intérêts des régions.

Pas question de fusion ni de programme commun avec le PQ, vu son manque d’engagement pour la souveraineté (sic), les questions socio-économiques et environnementales (sic), et son bilan néolibéral (sic). « Il faut sortir de cette vieille politique, déclare avec arrogance la coqueluche« . À noter que pour QS, tout ce qui n’est pas socialiste à la Hugo Chavez est forcément néolibéral.

Pactes électoraux avec le PQ? Ça, c’est une autre histoire, répond GND. Et le porte-parole, Julien Fecteau-Robertson, de se plaindre avec un culot extraordinaire de la réponse très décevante du PQ s’il demande, par exemple: « Seriez-vous prêt à retirer un candidat péquiste pour présenter un candidat de QS dans Rimouski? » Quand on sait qu’Harold Lebel a emporté le comté de Rimouski avec plus de 40% des voix en 2014, on lui demanderait de se sacrifier pour un candidat de QS? Fort de son 16% dans Rimouski, QS aurait-il la prétention de gagner ce comté péquiste? Mais à quoi joue-t-on, exactement?

Québec solidaire a fait perdre 14-15 comtés au PQ en 2012, l’empêchant de former un gouvernement majoritaire. C’est de cela que se souviennent Jean-François Lisée et Véronique Hivon quand ils déploient tous leurs efforts pour conclure une entente électorale avec QS. On peut facilement comprendre l’importance de l’enjeu.

Mais…

Force est de constater que la mauvaise foi de Québec solidaire, son égotisme incurable, sa prétention risible de détenir LES solutions pour un Québec meilleur – avec son  socialisme fallacieusement appelé progressisme – sont indélébiles. Québec solidaire s’en balance que le parti libéral gouverne à perpétuité. Sauver le Québec n’est pas un objectif prioritaire. Tout ce que souhaite QS, c’est de récolter un ou deux députés de plus, d’élection en élection, afin de devenir, un jour peut-être,  un vrai parti d’opposition ou mieux, de réussir, à force de dénigrement, à déloger le PQ de la scène politique.

Québec solidaire n’aime pas le Québec, il s’aime.

Québec solidaire n’est solidaire que de son nombril.

C’est une chose d’être un parti inutile. C’en est une autre de nuire.

avril 20, 2017 Posted by | Actualité | 2 commentaires