CE QUE J'EN PENSE

Danielle Drouin

Le PQ a été englouti par une vague

 

En 2014, le PQ de Pauline Marois commençait sa campagne électorale avec une avance sur le PLQ mais fut vite déstabilisé par l’épouvantail référendaire que n’a cessé de brandir le machiavélique P. Couillard, fort du poing levé de PKP et de l’appui des médias. Tout s’est mis à basculer, à dériver. On connait la suite.

 

Il en a été  autrement en 2018. Il n’y avait pas de menace de référendum pour faire peur à la population. Le PQ et son chef ont mené une campagne quasi impeccable, proposant aux Québécois le programme le plus crédible, avec des idées novatrices pour le bien collectif. Alors, que s’est-il passé?

 

 

Il est clair que la grande majorité des Québécois voulait à tout prix chasser les libéraux du pouvoir. S’attendant à la traditionnelle lutte à deux, le Parti québécois comptait y arriver. Mais voilà, un événement inopiné est survenu et qui a complètement changé la donne. Dès lors, les jeux étaient faits.

L’événement inopiné

 

2 octobre 2017: la CAQ réussit l’inconcevable en ravissant la forteresse Louis-Hébert aux libéraux, avec une majorité écrasante. Legault exulte. «Si c’est possible de prendre Louis-Hébert, bien c’est possible de prendre à peu près tous les comtés», lance-t-il. Il ajoute que les gens de Québec envoient un message à tous les Québécois et que tout est possible.

 

 

La population l’entend, reçoit bien le message. On le constatera une couple de semaines plus tard alors qu’un sondage indique que la CAQ se trouve en tête avec un gain de sept points, alors que le PQ accuse une perte de six points. Dorénavant, aux yeux des électeurs et des médias, seule la CAQ est en position de déloger le PLQ. Il n’en fallait pas plus pour que des partisans péquistes fassent appel au vote stratégique pour nous débarrasser enfin des libéraux, ce qui a énormément nui au PQ.

 

 

Une vague caquiste s’était levée.

 

Et cette vague n’a cessé de s’amplifier grâce aux sondages favorables à la CAQ qui se sont multipliés et grâce aux médias qui pendant un an n’ont parlé que d’une lutte à deux,  faisant mousser la CAQ et ignorant le PQ, sinon pour radoter qu’il était foutu. À un point tel que celui-ci a dû sortir ses pancartes humoristiques pour leur rappeler qu’il existait toujours.

 

C’est donc une vague qui a englouti le PQ. Une vague inattendue l’obligeant à ramer à contre-courant pendant presque un an, sans trop faire parler de lui. Mais une vague c’est extraordinairement puissant. Rappelons-nous la « vague orange » que rien n’avait pu tempérer. On ne peut rien contre la volonté du peuple.

 

Si le Parti québécois avait accompli cet exploit formidable de ravir aux libéraux son château fort Louis-Hébert lors de cette partielle d’octobre 2017, il y a fort à parier que sa montée dans les sondages aurait été aussi fulgurante qu’elle ne l’a été pour la CAQ et nous aurions pu assister à une vague péquiste pour déloger les libéraux. 

 

La cause de la dégelée du Parti québécois ne s’explique pas par l’absence du projet de l’indépendance, comme certains le prétendent. Il est utopique de croire que si le PQ s’était engagé à faire l’indépendance dans un premier mandat, il aurait gagné cette élection

 

Cette analyse peut paraître simpliste, elle n’en demeure pas moins factuelle. On pourrait mentionner d’autres facteurs de moindre importance qui sont entrés en ligne de compte, comme le mouvement souverainiste qui s’essouffle, le flirt du PQ avec QS dont le seul but était de s’entendre sur des pactes électoraux pour sortir les libéraux du pouvoir mais  que plusieurs ont mal interprété, et enfin, le moment très mal choisi par Lisée pour attaquer Manon Massé. Il reste que c’est cette vague caquiste confortée par les médias qui a réellement eu raison du Parti Québécois.

 

Quoi qu’il en soit, le Parti québécois aura fort à faire pour remonter la pente. Il a quatre ans devant lui pour renaître, trouver enfin le chemin des victoires. Il peut encore surprendre.

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novembre 18, 2018 Posted by | Actualité | Laisser un commentaire